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3 mars 2026
LA PERSPECTIVE EN PEINTURE :
une invention mathématique qui mène à Dieu.
par Jean-Marc GILLI
L'« invention de la perspective » dans la peinture, à Florence aux premiers temps du « quattrocento » telle que Daniel Arasse la décrit, est une révolution à la fois mathématique, politique, philosophique, culturelle et religieuse..
Un peu à sa manière avec les annonciations, et à travers quelques œuvres majeures retraçant en particulier la passion du Christ, depuis la sainte scène jusqu'à la résurection, par les Masaccio-Masolino, Andrea del Castagno, Piero della Francesca, et quelques autres, nous tenterons d'illustrer cette révolution majeure à la charnière de l'art gothique international vers celui de la Renaissance.
Ces peintres ont, les premiers, résolument choisit la perspective centrale, non pas pour instaurer une quelconque mathématisation rationnelle de l'espace, mais au contraire pour inventer une nouvelle théatralité mystique encore plus proche et plus significative du mystère chrétien : tout le contraire, au fond, des commandes princières et des représentations que les puissants de l'époque, Strozzi, Médicis et autres commanditaient pour leurs demeures privées.

Il sera en particulier, mis en avant, la fameuse « flagellation du Christ » peinte vers 1450 par le plus abouti des inventeurs de cette même perspective : Piero della Francesca. Ce tableau très personnel de Piero (comme Franck Mercier, historien, professeur en histoire du Moyen Âge, le développe dans un ouvrage récent), est l'un des plus remarquable exemple de l'usage d'une grande rigueur géométrique, associée à un discours philosophique et mystique dont il faut tenter de déchiffrer le sens, un peu à la manière d'un somptueux rébus.

Jean-Marc GILLI, physicien, d'origine familiale italienne, nous a déjà proposé, depuis 2022 quatre conférences autour de régions (l'Ombrie ou le Pays niçois) ou encore de l'histoire de la physique ou, la saison dernière : Les Médicis et leurs représentations, une histoire d'art et de pouvoir ,
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