Année 2018-2019 : 05 mars 2019

Deux femmes célèbres de la Renaissance italienne : Isabelle d'Este et Lucrèce Borgia,

par Annick GENTY et Marie-Hélène VIVIANI.

Ce mardi soir 5 mars 2019, une conférence en duo fut proposée au public de l’ACORFI. Il s’agissait d’évoquer. 


Deux femmes célèbres de la Renaissance italienne : Lucrèce Borgia et Isabelle D’Este

MHeleneAnnickLa première dame présentée par Annick Genty s’appelle Lucrèce Borgia née en 1480, fille de Rodrigo Borgia (le pape d’Alexandre VI). Son nom reste synonyme de très mauvaise réputation. Tout a été dit de méprisant sur cette femme jugée scandaleuse et vilipendée au cours des siècles. Dans les écrits dits historiques et dans la production romanesque abondante qu’elle suscita, elle fut constamment salie et rabaissée. Le cérémoniaire du Vatican à l’époque des Borgia notait avec soin les faits et gestes de la famille papale dont Lucrèce était l’ornement le plus convoité — on la disait incestueuse. Victor Hugo renforça cette attitude de dénigrement dans une célèbre tragédie. Annick Genty se pencha sur le cas "Lucrèce" pour se faire une autre opinion. C’est ainsi qu’elle lut quelques ouvrages récents, dont celui de Geneviève Chastenet. Cette écrivaine, après maintes recherches, touchant à la vie des Borgia, put nous montrer la belle Lucrèce sous un jour plus favorable. La démonstration de notre conférencière Annick parut assez convaincante pour qu’apparaisse une autre Femme, humaine et sensible, malheureux "objet" trop en vue à la cour du pape.

Ce fut une sorte de réhabilitation précise et argumentée qui sut montrer qu’avant tout, la Fille de Alexandre VI n’était qu’un pion sur un échiquier politique dont le pape, son père, était le Tout-Puissant manipulateur. Il ne fait aucun doute qu’il pardonnait à son fils César, frère de Lucrèce, les pires vilenies si elles renforçaient le pouvoir pontifical. Nous savons aussi qu’il adorait sa fille et désirait pour elle les plus brillantes alliances. Sa beauté et son charme étaient appréciés de tous ceux qui l’ont approchée. Elle dut se marier selon les vœux de son père comme cela se faisait dans toutes les cours d’Italie dont le but était de nouer des alliances profitables. Maints témoignages cités par Annick font état de son intelligence et de sa finesse quand il s’agissait de jouer un rôle politique confié par son père. Elle épousa en troisièmes noces le duc Alphonse d’Este de Ferrare, frère d’Isabelle d’Este qui méprisait et jalousait Lucrèce. En effet, celle-ci fit rapidement la conquête de la ville de Ferrare. Ce que nous avons aussi appris c’est qu’elle était pieuse et fréquentait l’un des couvents de femmes non loin de Ferrare. Elle mena ainsi une vie de princesse adulée à la cour des Este, reine d’un milieu raffiné et savant, jusqu’à sa mort survenue à l’âge de 39 ans.

Quant à Marie-Hélène Viviani, elle choisit d’évoquer la marquise Isabelle D’Este (1474-1539). Douée d’une intelligence exceptionnelle et d’un orgueil démesuré, la fameuse Marquise mit sa vie au service de sa passion pour les œuvres d’art. Sans négliger de collecter les œuvres des peintres de son époque, elle se fait remarquer par l’ardeur de sa quête amoureuse des objets antiques que l’on exhumait à Rome en ce Cinquecento. Le nouvel humanisme s’imposait et nombreux furent les collectionneurs de ce quinzième siècle. Elle devint bientôt l’une des mécènes les plus célèbres de son temps : la seule femme ! L’épouse de François de Gonzague fit du Château de Mantoue, restauré, une vitrine d’œuvres d’art connue des contemporains les plus raffinés de son temps. Ses collections faisaient sa gloire aux yeux des plus grands et son Studiolo était très visité. Ce mécénat fut un moyen de se faire connaître dans le milieu des humanistes qu’elle fréquentait. Femme savante que passionnait la mythologie elle orna ses appartements d’œuvres gréco-romaines. Elle fit travailler plusieurs peintres dont Leonardo da Vinci, Mantegna dont elle était la protectrice et autres peintres célèbres tels Le Pérugin, Le Corrège, Raphaël et Lorenzo Da Costa. Au fil des ans, elle devint numismate et bibliophile auprès des ateliers Alde Manucce à Venise. Elle mourut paisiblement à Mantoue, en 1539. Mais rien ou presque ne resta de ses collections, car une nouvelle guerre ravagea son duché et son château en 1630. Ses collections furent détruites ou volées éparpillées pour la plupart. Certaines furent achetées par des musées européens où nous pouvons les voir aujourd’hui. Il reste d’Isabelle d’Este, la réputation d’une femme exceptionnelle "Prima Donna" de son temps marqué par la primauté du pouvoir masculin.

publicCette conférence fut fort appréciée par la nombreuse assistance.

 

 

 

 

 

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