Année 2013-2014 : 25 mars 2014

Un cadavre exquis : Ötzi,

par Marcel Delabarre.

 


M DelabarreLa présidente rappelle en préalable les interventions précédentes de Marcel Delabarre notre conférencier. Nombreuses et toujours dédiées à l’Italie, elles concernaient des domaines très variés : les médecins italiens précurseurs, les grands volcans de l’Italie, la relation du voyage en Sicile d’un écrivain mystère, et enfin une région qu’il connaît bien, le Trentin/Haut Adige. Et c’est dans cette dernière région qu’il revient avec un sujet de nouveau mystérieux : la découverte en 1991 d’un cadavre momifié vieux de 5.000 ans.

Certains d’entre nous avaient sans doute entendu parler de cette découverte, ou lu des articles plus ou moins documentés sur le sujet, mais les questions qu’on se posait étaient pour la plupart demeurées sans réponses. Réponses qu’on put trouver toutes avec cette conférence.

Et bien mieux. Le conférencier ne s’est pas contenté de nous relater les découvertes scientifiques faites à partir de la momie, que les experts ont étudiée sous tous les aspects, y compris son habillement et son équipement. Comme on s’y pouvait s’y attendre, il sut donner à l’exposé qu’il en fit, les couleurs du mystère, captivant son assistance de bout en bout.

Sur notre site, il avait présenté sa conférence à venir par un texte bref qui nous plongeait déjà dans une atmosphère d’énigme, comme s’il s’agissait d’une enquête policière et ses rebondissements.

Le lieu lui-même de la découverte - à la frontière austro-italienne - avait apporté l’incertitude et soulevé un problème, celui de l’attribution de la momie, qui fut réglé en bonne entente entre les deux nations, l’Italie conservant la momie à Bolzano, les pays germaniques procédant à l’essentiel des recherches scientifiques.

La description minutieuse qui suivit des objets et des vêtements, puis du corps d’Ötzi, les résultats des analyses de toutes sortes, dans tous les domaines, qui eurent lieu, nous apportaient des informations essentielles, mais laissaient ouvertes les questions de base sur la personne d’Ötzi, sa destination, et les causes de son décès.

Habilement, le conférencier n’aborda ces thèmes qu’en seconde partie, aidé par son sujet où chaque solution qu’il citait ouvrait la porte à un nouveau mystère. Les diverses hypothèses, abordées scientifiquement, les nouvelles découvertes sur le corps de la momie, étudiées une à une, apportaient à la fois la satisfaction intellectuelle et l’atmosphère captivante d’un drame.

Ce fut ainsi une conférence particulière, captivante de bout en bout, où pour autant ne manquaient pas des informations et des enseignements remarquables.

La situation géographique de la trouvaille nous a été exposée dans le plus grand détail, avec tous les repères utiles par rapport aux lieux plus connus. Les circonstances de la trouvaille, les interventions de la police, et plus tard des experts, nous furent contées avec la plus grande précision.

On apprécia particulièrement le souci apporté par le conférencier à ne nous priver d’aucune explication. Par exemple, la datation par le carbone 14 est l’occasion d’une petite leçon de choses sur la manière et le sens de cette méthode scientifique. Avec les matériaux qui composent l’attirail d’Ötzi (nous restons confondus devant leur variété et l’ingéniosité de ces ancêtres si éloignés) on entre dans le domaine de la botanique cher au conférencier et tous les détails sont fournis.

Il sait nous mettre à l’aise par des exemples. Ainsi, pour nous prouver l’antériorité d’Ötzi, il le compare à des évènements historiques très anciens, comme la Grande Pyramide, plus jeune de 600 ans. Ou bien il nous montre la transhumance pratiquée encore de nos jours, qui est l’une des hypothèses pour la présence d’Ötzi en ce lieu. A moins qu’il ne s’agisse d’activités autour du cuivre, métal cité peu à peu dans la relation, comme un souçon qui grandirait...

En s’assurant constamment de notre compréhension, le conférencier nous précède pas à pas sur ce chemin instructif, rappelant les liens qui unissent toute information nouvelle avec les anciennes, indiquant les proportions des mesures et des chiffres, et s’appuyant sur une documentation bien illustrée par des images de grande précision.

C’est à celles-ci que nous renvoyons maintenant pour goûter de nouveau, à l’aide du diaporama sonorisé, tout le plaisir trouvé dans cette conférence, très applaudie, et qui suscita à la fin une foule de questions auxquelles le conférencier répondit volontiers, avant les applaudissements de toute la salle.


©ACORFI